Vendre maintenant ? Le marché est peut-être meilleur qu’il n’en a l’air
Le marché immobilier est-il vraiment bloqué en 2026 ? Malgré la hausse des taux, des délais de vente plus longs et des acquéreurs plus prudents, près de 958 000 ventes ont encore été réalisées sur douze mois et les prix restent globalement stables. Découvrez pourquoi le marché est surtout devenu plus exigeant — et pourquoi attendre pour vendre n’est pas forcément la meilleure stratégie.


On entend beaucoup parler d’attentisme, de taux élevés et de ventes plus difficiles. Tout cela est vrai. À force, pourtant, ce discours finit par renforcer lui-même l’attentisme, un véritable cercle vicieux. C’est là que le marché est en trompe-l’œil. Il est moins fluide, mais loin d’être bloqué : 958 000 logements anciens ont encore changé de mains sur les douze derniers mois à fin juin 2026, soit 2,5 % du parc, un niveau proche de celui du début des années 2000 (Insee, septembre 2026). C’est 30 % de transactions de plus qu’à la même période en 2014 et 14 % de plus qu’en 2024, deux périodes particulièrement peu dynamiques pour le marché immobilier (Insee, Informations rapides n° 216, 8 septembre 2026). Et les prix, depuis la reprise amorcée fin 2024, restent globalement stables. Si vous avez réellement l’intention de vendre, attendre n’est donc pas forcément la meilleure stratégie : le bon moment est peut-être maintenant. À condition, dans un marché devenu plus technique, de bien positionner son bien et d’être accompagné par le bon professionnel.
Pour un projet de long terme, l’achat conserve par ailleurs sa logique patrimoniale : une mensualité permet de se constituer un capital quand un loyer reste une dépense. Ce qui a surtout changé depuis 2023, c’est le rapport de force. Nous sommes revenus dans un marché d’acquéreurs : moins nombreux, plus prudents, mieux armés pour comparer et négocier.
Le crédit a changé l’équation
Fin 2021, le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers était de 1,10 %. En juillet 2026, il atteint 3,30 % (Banque de France). À mensualité identique sur vingt ans, cela représente environ 18 % de capacité d’emprunt en moins.
Et les marges de manœuvre sont encadrées : le taux d’effort ne doit normalement pas dépasser 35 % et la durée d’emprunt 25 ans (Haut Conseil de stabilité financière). Financer un achat reste donc tout à fait possible, mais nécessite davantage de préparation : apport, arbitrages, comparaison des banques, parfois courtier. Pour le vendeur, cela rend la qualification financière de l’acquéreur beaucoup plus importante qu’hier.
Moins fluide ne veut pas dire bloqué
Les transactions se font toujours en nombre. Simplement, elles se font moins facilement. Les acheteurs disposent de davantage de choix et prennent leur temps : ils visitent, comparent, réfléchissent, négocient… et parfois se ravisent.
C’est aussi ce que l’on constate très concrètement sur le terrain : davantage de visites avant une décision, des rendez-vous annulés ou non honorés, des hésitations qui durent et des changements d’avis plus fréquents. Dans ce contexte, mettre un bien en ligne ne suffit plus. Le prix de départ, la présentation, la relance des contacts et l’ajustement de la stratégie au fil des semaines redeviennent déterminants.
Le prix se négocie davantage
Lorsque les acquéreurs sont moins nombreux, le rapport de force change mécaniquement. Un bien trop ambitieusement positionné risque aujourd’hui de rester plus longtemps sur le marché et de devoir finalement être repositionné.
C’est sans doute l’un des changements majeurs par rapport aux années où les acquéreurs se disputaient certains biens : le prix ne se décrète plus, il se confronte au marché. D’où l’importance d’une stratégie de commercialisation qui sache réagir rapidement plutôt que d’attendre plusieurs mois qu’un acquéreur finisse par céder.
Une offre n’est plus tout à fait une vente
La solidité du financement est également devenue une étape essentielle. Lorsqu’un achat est soumis à une condition suspensive de prêt, l’échec du financement peut faire tomber la vente.
Obtenir une offre est donc une première victoire, pas la ligne d’arrivée. Vérifier la cohérence du plan de financement, dialoguer avec le courtier ou la banque et suivre le dossier jusqu’à l’acte authentique font désormais pleinement partie du travail de sécurisation d’une vente.
Attendre… mais attendre quoi ?
Premier risque : les taux pourraient continuer à remonter. La Banque de France souligne que la dégradation des finances publiques françaises pèse sur les conditions de financement et que la hausse des taux longs accroît les vulnérabilités ; le taux de l’OAT française à dix ans atteignait déjà 3,75 % en juin 2026 (Banque de France, juin 2026).
Or, lorsque le crédit devient plus cher, la capacité d’achat recule et finit généralement par exercer une pression sur les prix. Nous venons d’en avoir l’illustration : entre 2021 et 2023, le taux moyen du crédit est passé de 1,1 % à 3 % ; en 2023, les prix de l’ancien ont baissé de 4 % (Notaires de France).
À cela s’ajoute 2027, année d’élection présidentielle. Une période qui peut naturellement inciter les ménages à différer leurs décisions importantes, simplement parce qu’ils manquent de visibilité. L’élection présidentielle est prévue en 2027.
Pour un propriétaire qui sait déjà qu’il souhaite vendre, lancer sa commercialisation avant la fin de l’année peut donc être plus judicieux que d’attendre mécaniquement le printemps, en pleine période électorale. Le marché d’aujourd’hui est plus exigeant, certes. Mais il fonctionne, les ventes se font et les prix résistent encore. Le “meilleur moment” que l’on attend est peut-être simplement celui que l’on a aujourd’hui.