Hausse des taux : n’attendez pas la baisse des prix pour vendre

Hausse des taux immobiliers : quel impact sur la capacité d’emprunt des acquéreurs à Courbevoie, Asnières-sur-Seine et Paris ? Exemple chiffré sur un bien à 400 000 € et raisons pour lesquelles attendre peut coûter cher aux vendeurs.

10/5/20262 min temps de lecture

Les taux immobiliers remontent. Le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations est passé de 3,09 % en juillet 2025 à 3,30 % en juillet 2026, selon la Banque de France. Cette hausse produit deux effets : immédiatement, elle réduit la capacité d’emprunt des acquéreurs, donc le nombre d’acheteurs financés sur le marché ; à plus long terme, si cette perte de pouvoir d’achat dure, les prix finissent souvent par s’ajuster à la baisse. C’est exactement ce qui s’est produit après le choc de taux de 2022-2023. N’attendez pas le deuxième effet Kiss Cool. Webstat

La hausse des taux diminue le pouvoir d’achat des acquéreurs

Prenons un bien à 400 000 €, avec 40 000 € d’apport. À 3,30 % sur 20 ans, l’acquéreur emprunte 360 000 € pour une mensualité d’environ 2 050 €. Si le taux passe à 4 %, avec la même mensualité, sa capacité d’emprunt tombe autour de 338 000 €. Il lui manque donc environ 22 000 € pour acheter le même bien. À prix inchangé, une partie des acquéreurs sort tout simplement du marché.

Vers une chute des prix ?

C’est le mécanisme que l’on a déjà vu après 2022 : crédit plus cher, capacité d’achat en baisse, moins d’acquéreurs solvables… puis les prix ont suivi. Entre le 3e trimestre 2022 et le 3e trimestre 2024, les prix ont reculé de 10,3 % pour les appartements en Île-de-France, 11,2 % en Petite Couronne et 11,8 % à Paris, selon les Notaires du Grand Paris. Webstat

Pour l’instant, en 2026, les prix résistent encore globalement en Île-de-France. C’est justement ce qui rend la période intéressante pour les vendeurs : les taux remontent, mais les prix n’ont pas encore baissé fortement. Si la hausse du coût du crédit se prolonge, le même mécanisme pourrait se reproduire l’an prochain : moins d’acheteurs, davantage de négociation, puis une baisse des prix. Sur un bien à 400 000 €, une baisse de 10 %, c’est 40 000 € de moins.

Et si les taux baissent plus tard ? Un acquéreur pourra toujours renégocier ou faire racheter son prêt. Un vendeur qui aura attendu une baisse des prix, lui, ne pourra pas revenir en arrière.

Stéphane ROUSSEAU
Conseiller immobilier indépendant
Réseau IAD, n°1 des transactions en France.

06 11 75 15 84
stephane.rousseau@iadfrance.fr

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